L’expression sous forme d’anxiété, d’angoisses, de phobies, de paniques, de mal-être etc. du Stress Post Traumatique – Dr JV Belmère – COTEHY – Rabat – Maroc

Le lieu de sécurité essentiel pour sortir du trauma

Étudiant en médecine et externe je gagnais ma vie en faisant des gardes de nuit dans une clinique de la banlieue toulousaine et notamment en secteur « fermé »…

J’ai passé beaucoup de nuits dans cette unité (en moyenne 4 par semaine pdt deux ans), ce qui m’exposait à des choses que les psychiatres ne voyaient jamais pendant leurs brèves visites ou n’entendaient pas lors de leur « consultation »
Quand les patients ne pouvaient pas dormir, emmitouflés dans leur robe de chambre, ils venaient souvent parler dans la pénombre du poste des infirmiers (appelé pudiquement tisanerie).

Le calme de la nuit et les psychotropes prescrits semblant les désinhiber ,

ils me racontaient avoir été frappés, agressés ou violés, souvent par leurs parents, d’autres membres de la famille, des voisins ou des camarades de classe.
Ils évoquaient les nuits où, couchés dans leur lit, ils entendaient leur père battre leur mère, leurs parents se lancer d’horribles menaces, des
bruits de meubles brisés.
D’autres racontaient comment, quand leur père rentrait ivre, ils guettaient ses pas sur le palier, attendant son entrée dans la chambre où il les tirait du lit pour les punir d’une faute imaginaire.
Plusieurs femmes se rappelaient, petite fille, comme elles restaient éveillées, immobiles dans leur lit, dans l’attente de l’inévitable : un frère ou un père se glissant dans leur chambre pour les « toucher » ou pire

Toutes ces souvenirs enfouis à l’âge adulte

mais profondément ancrés et qui sous l’action de déclencheurs anodins revivifient ces terreurs s’exprimant sous forme d’anxiété, d’angoisses, de phobies, de paniques, de mal-être etc. etc. Et tout cela constitue le Stress Post Traumatique que les psychiatres ou les psychologues continuent à traiter comme des pathologies lambda souvent par la parole, mais encore trop souvent, malheureusement, par des molécules thérapeutiques (médicaments : anxiolytiques, antidépresseurs, neuroleptiques etc.)… Nous sommes pourtant au XXIème siècle et de très études ont étudié ces stress post traumatique… et leur résultats semblent être ignorés par la majorité des professionnels de santé…

Le traitement du stress post traumatique – Dr Belmère – COTEHY – Rabat – Maroc

Le problème, dans le traitement du traumatisme, du stress post traumatique

n’est pas seulement d’affronter le passé mais, plus encore, d’améliorer la qualité de l’expérience quotidienne.
L’une des raisons pour lesquelles les souvenirs traumatiques finissent par dominer dans le syndrome de stress post traumatique est que, pour ceux qui en sont affectés, il est extrêmement difficile de se sentir pleinement vivant dans le présent.
Quand on ne peut pas être tout à fait là, on se replie quelque part où on a eu l’impression d’être vivant – même si cet endroit est plein d’horreurs et de souffrances.
Beaucoup d’approches thérapeutiques du SSPT se concentrent sur la désensibilisation au passé, dans l’espoir que la réexposition au traumatisme diminuera les explosions émotionnelles et les flash-back.
À mon avis, ces méthodes, de désensibilisation du passé, sont fondées sur une incompréhension de ce qui se passe dans le stress traumatique.
Nous devons, avant tout, aider les patients à vivre pleinement et en sécurité dans le présent.
Voir mon article sur le traitement spécifique

Le stress post-traumatique – Dr Jean-Victor Belmère – COTEHY – Rabat – Maroc

Psychologie et Psyché Hypnose

Le stress post-traumatique – Dr Jean-Victor Belmère – COTEHY – Rabat

Au début de mes gardes en clinique psychiatrique,

j’ai été frappé par le contraste entre la complexité incroyable de notre esprit, de nos modes de communication et d’attachement, et le peu de connaissance des psychiatres quant à la cause des problèmes qu’ils avaient à traiter.

Et une question m’a taraudé : en saurons-nous un jour autant sur le cerveau, sur l’esprit et l’amour que sur les autres mécanismes du corps humain ?

Nous en sommes, à l’évidence, bien loin ; mais la naissance de trois nouvelles branches de la science a fait exploser le savoir sur les effets du traumatisme psychologique, des mauvais traitements et de l’abandon.

Neurosciences, Psychopathologie des développement, neurobiologie interpersonnelle

Ces disciplines récentes sont :

      • les neurosciences (je suis Maitre de Conférence Agrégé en Neurophysiologie) qui étudient la manière dont le cerveau traite les processus mentaux ;
      • la psychopathologie du développement qui étudie l’impact des mauvaises expériences sur le développement de l’esprit et du cerveau ;
      • la neurobiologie interpersonnelle qui étudie l’influence du comportement sur les émotions, la biologie et les attitudes de l’entourage.

Les recherches dans ces jeunes disciplines ont révélé que le traumatisme crée de réels changements physiologiques, parmi lesquels un recalibrage du système d’alerte du cerveau, une augmentation de la sécrétion hormones du stress, et des variations dans la structure qui filtre les informations, retenant celles qui sont pertinentes.

Nous savons aujourd’hui que le traumatisme affecte l’aire cérébrale qui donne la sensation physique d’être en vie.

Ces dégradations expliquent pourquoi les traumatisés deviennent hypervigilants à la menace, au lieu de s’impliquer totalement dans leur vie quotidienne

Elles nous aident aussi à comprendre pourquoi ils se heurtent sans cesse aux mêmes problèmes et ont tant de mal à tirer des leçons de l’expérience.

Les comportements ne sont pas le fruit de défaillances psychologiques

Il est maintenant établi que leurs comportements ne sont pas le fruit de défaillances morales, ni des signes de manque de volonté ou de mauvais caractère, mais sont causés par de vraies altérations cérébrales.

Un tel accroissement des connaissances sur les processus en arrière-plan du traumatisme a aussi permis de trouver de nouveaux moyens d’apaiser le mal ou même de le soulager complètement.

Grâce à la découverte de la plasticité naturelle du cerveau, nous pouvons mettre au point des méthodes qui aident les patients à se sentir pleinement vivants dans le présent et à avancer.

En gros, trois types de traitements s’offrent à eux :

      1. La thérapie « de haut en bas », la thérapie de la parole, qui consiste à parler, à s’ouvrir (à nouveau) aux autres, et à s’autoriser à comprendre ce qui se passe en soi, tout en travaillant sur les souvenirs du traumatisme ; Cette thérapie issue de la psychanalyse et que tous les psychologues et psychiatres utilisaient au XXème siècle est maintenant quasi obsolète. De nos jours, au XXIème siècle, toutes ces disciplines dérivées de la psychanalyse ne servent à rien. On ne guérit pas par la parole ! Les thérapeutes croyaient dur comme fer à la capacité du verbe à résoudre le traumatisme. Cette conviction remonte à 1893, l’année où Freud et son mentor Breuer écrivaient que les symptômes du trauma disparaissaient « immédiatement et sans retour quand on réussissait à mettre en pleine lumière le souvenir de l’incident déclenchant, à éveiller l’affect lié à ce dernier et quand, ensuite, le malade décrivait ce qui lui était arrivé de façon forte détaillée et en donnant à son émotion une expression verbale ».

        Ce n’est, malheureusement, pas aussi simple.

      2. La prise de médicaments qui bloquent les réactions d’alerte inadéquates, ou modifient par d’autres moyens la façon dont le cerveau organise l’information. Avec le recul du XXème siècle on sait très bien que ces médicaments doivent être réservés à quelques cas chez lesquels existent des désordres organiques. Et pourtant l’industrie pharmaceutique et ses informateurs ont banalisé ces thérapies médicamenteuses et l’on voit des patients qui sont « accro » à ces médicaments et continuent d’en prendre tous les jours depuis plus de 10, 20, 30 ans sans résultats probants;
      3. L‘approche « de bas en haut », qui revient à permettre au corps d’avoir des expériences qui contrarient viscéralement l’impuissance, la rage ou l’effondrement liés au traumatisme. Et faire analyser ces manifestations par le cerveau profond, par la « conscience supérieure » est de nos jours la plus efficace dans la sédation des manifestations de stress post traumatique (hypnose, hypnothérapie des schémas, EMDR, hypnothérapie comportementale, neurofeedback, Yoga, etc. etc.)

Quand on pense stress post-traumatique,

on évoque éventuellement les guerres, et en particulier les vétérans du Vietnam, d’Afghanistan ou d’autres guerres dans le monde Il n’est guère besoin d’être soldat, ni de visiter un camp de réfugiés au Congo ou en Syrie pour être confronté au traumatisme.

Tout un chacun est concerné, ses amis, sa famille, ses voisins.

Une recherche menée par les centres de contrôle et de prévention des maladies (CCPM) a montré que, quelle que soit la société et la culture, un individu sur cinq avait été sexuellement agressé dans son enfance, un sur quatre battu par un parent au point d’en garder la cicatrice, et un tiers des couples se livre à la violence physique, un quart des adultes a grandi avec des proches alcooliques, et un sur huit a vu sa mère battue

L’espèce humaine est extrêmement résiliente.

Depuis des temps immémoriaux, les hommes ont mené des guerres sans merci, surmonté d’innombrables catastrophes, des violences et des trahisons intimes.

Mais, que ce soit à grande échelle (sur l’histoire et sur la culture) ou dans les familles où de sombres secrets se transmettent à travers les générations, les expériences traumatiques laissent bel et bien des traces.

Elle marque aussi les émotions et les esprits, l’aptitude à l’amour et à la joie, et même l’organisme et le système immunitaire

Le traumatisme affecte ceux qui en souffrent directement, mais aussi leurs proches.

Les crises de rage et L’absence émotionnelle des soldats revenus des combat, peuvent effrayer leur famille. Les épouses des traumatisés sont souvent déprimées, et les enfants de mères dépressives risquent de manquer de confiance en eux d’être anxieux.

L’exposition très jeune à la violence familiale vient souvent entraver ultérieurement l’établissement de relations stables et de confiance.

Le traumatisme est par définition insupportable

La plupart des combattants, des victimes de viol et des enfants qui ont été agressés sexuellement ou plus souvent maltraités sont si bouleversés quand ils pensent à ce qu’ils ont subi qu’ils tentent de chasser cette expérience de leur esprit, de faire comme si de rien n’était et de passer à autre chose.

Il faut énormément d’énergie pour continuer à vivre en gardant le souvenir de la terreur, avec la honte d’avoir été si faible et vulnérable.

L’Homme a beau vouloir dépasser le traumatisme, la zone cérébrale chargée d’assurer sa survie, profondément enfouie sous l’aire rationnelle du cerveau, n’est pas très douée pour le déni.

Longtemps après la fin d’une expérience traumatisante, le moindre signe de danger peut la réactiver, mobiliser des circuits cérébraux perturbés et provoquer une sécrétion importante d’hormones de stress.

Cela engendre des émotions pénibles, d’où des sensations très vives et des impulsions agressives.

Ces réactions post-traumatiques semblent incompréhensibles et irrépressibles.

Incapables de se contrôler, les rescapés d’un traumatisme craignent souvent d’être profondément atteints et incurables.

Le défi est le suivant : peut-on apprendre à surmonter les séquelles d’un traumatisme pour reprendre la barre de son navire intime, et comment ?

La compréhension, la parole et les rapports humains peuvent aider, et les médicaments arrivent à freiner l’hyperactivité des systèmes d’alerte.

Mais nous verrons aussi que l’on peut transformer les empreintes du passé via des expériences physiques qui contrecarrent directement la rage, l’impuissance et l’effondrement causés par le traumatisme, ce qui permet de retrouver la maitrise de soi

Je n’ai pas de préférence quant au mode de traitement, car aucune approche n’est bonne pour tout le monde et je pratique l’ensemble des thérapies que j’ai cité plus haut. Chacune est susceptible d’amener des changements profonds, selon la nature du problème et le caractère du patient.

Le stress post-traumatique – Dr Jean-Victor Belmère – COTEHY – Rabat

Psychologie et Psyché Hypnose

Le stress post-traumatique – Dr Jean-Victor Belmère – COTEHY – Rabat

Au début de mes gardes en clinique psychiatrique,

j’ai été frappé par le contraste entre la complexité incroyable de notre esprit, de nos modes de communication et d’attachement, et le peu de connaissance des psychiatres quant à la cause des problèmes qu’ils avaient à traiter.

Et une question m’a taraudé : en saurons-nous un jour autant sur le cerveau, sur l’esprit et l’amour que sur les autres mécanismes du corps humain ?

Nous en sommes, à l’évidence, bien loin ; mais la naissance de trois nouvelles branches de la science a fait exploser le savoir sur les effets du traumatisme psychologique, des mauvais traitements et de l’abandon.

Neurosciences, Psychopathologie des développement, neurobiologie interpersonnelle

Ces disciplines récentes sont les neurosciences (pour laquelle j’ai une agrégation) qui étudient la manière dont le cerveau traite les processus mentaux ; la psychopathologie du développement qui étudie l’impact des mauvaises expériences sur le développement de l’esprit et du cerveau ; et la neurobiologie interpersonnelle qui étudie l’influence du comportement sur les émotions, la biologie et les attitudes de l’entourage.

Les recherches dans ces jeunes disciplines ont révélé que le traumatisme crée de réels changements physiologiques, parmi lesquels un recalibrage du système d’alerte du cerveau, une augmentation de la sécrétion hormones du stress, et des variations dans la structure qui filtre les informations, retenant celles qui sont pertinentes.

Nous savons aujourd’hui que le traumatisme affecte l’aire cérébrale qui donne la sensation physique d’être en vie.

Ces dégradations expliquent pourquoi les traumatisés deviennent hypervigilants à la menace, au lieu de s’impliquer totalement dans leur vie quotidienne

Elles nous aident aussi à comprendre pourquoi ils se heurtent sans cesse aux mêmes problèmes et ont tant de mal à tirer des leçons de l’expérience.

Pas le fruit de défaillances psychologiques

Il est maintenant établi que leurs comportements ne sont pas le fruit de défaillances morales, ni des signes de manque de volonté ou de mauvais caractère, mais sont causés par de vraies altérations cérébrales.

Un tel accroissement des connaissances sur les processus en arrière-plan du traumatisme a aussi permis de trouver de nouveaux moyens d’apaiser le mal ou même de le soulager complètement.

Grâce à la découverte de la plasticité naturelle du cerveau, nous pouvons mettre au point des méthodes qui aident les patients à se sentir pleinement vivants dans le présent et à avancer.

En gros, trois types de traitements s’offrent à eux :

      1. La thérapie « de haut en bas », la thérapie de la parole, qui consiste à parler, à s’ouvrir (à nouveau) aux autres, et à s’autoriser à comprendre ce qui se passe en soi, tout en travaillant sur les souvenirs du traumatisme ; Cette thérapie issue de la psychanalyse et que tous les psychologues et psychiatres utilisaient au XXème siècle est maintenant révolue. Or de nos jours que toutes ces disciplines dérivées de la psychanalyse ne sert à rien. On ne guérit pas par la parole ! Les thérapeutes croyaient dur comme fer à la capacité du verbe à résoudre le traumatisme. Cette conviction remonte à 1893, l’année où Freud et son mentor Breuer écrivaient que les symptômes du trauma disparaissaient « immédiatement et sans retour quand on réussissait à mettre en pleine lumière le souvenir de l’incident déclenchant, à éveiller l’affect lié à ce dernier et quand, ensuite, le malade décrivait ce qui lui était arrivé de façon forte détaillée et en donnant à son émotion une expression verbale ».

        Ce n’est, malheureusement, pas aussi simple.

      2. La prise de médicaments qui bloquent les réactions d’alerte inadéquates, ou modifient par d’autres moyens la façon dont le cerveau organise l’information. Avec le recul du XXème siècle on sait très bien que ces médicaments doivent être réservés à quelques cas chez lesquels existent des désordres organiques. Et pourtant l’industrie pharmaceutique et ses informateurs ont banalisé ces thérapies médicamenteuses et l’on voit des patients qui sont « accro » à ces médicaments et continuent d’en prendre tous les jours depuis plus de 10, 20, 30 ans sans résultats probants.
      3. L‘approche « de bas en haut », qui revient à permettre au corps d’avoir des expériences qui contrarient viscéralement l’impuissance, la rage ou l’effondrement liés au traumatisme. Et faire analyser ces manifestations par le cerveau profond, par la « conscience supérieure » est de nos jours la plus efficace dans la sédation des manifestations de stress post traumatique (hypnose, hypnothérapie des schémas, EMDR, hypnothérapie comportementale, neurofeedback, Yoga, etc. etc.)

Quand on pense stress post-traumatique,

on évoque éventuellement les guerres, et en particulier les vétérans du Vietnam, d’Afghanistan ou d’autres guerres dans le monde Il n’est guère besoin d’être soldat, ni de visiter un camp de réfugiés au Congo ou en Syrie pour être confronté au traumatisme.

Tout un chacun est concerné, ses amis, sa famille, ses voisins.

Une recherche menée par les centres de contrôle et de prévention des maladies (CCPM) a montré que, quelle que soit la société et la culture, un individu sur cinq avait été sexuellement agressé dans son enfance, un sur quatre battu par un parent au point d’en garder la cicatrice, et un tiers des couples se livre à la violence physique, un quart des adultes a grandi avec des proches alcooliques, et un sur huit a vu sa mère battue

L’espèce humaine est extrêmement résiliente.

Depuis des temps immémoriaux, les hommes ont mené des guerres sans merci, surmonté d’innombrables catastrophes, des violences et des trahisons intimes.

Mais, que ce soit à grande échelle (sur l’histoire et sur la culture) ou dans les familles où de sombres secrets se transmettent à travers les générations, les expériences traumatiques laissent bel et bien des traces.

Elle marque aussi les émotions et les esprits, l’aptitude à l’amour et à la joie, et même l’organisme et le système immunitaire

Le traumatisme affecte ceux qui en souffrent directement, mais aussi leurs proches.

Les crises de rage et L’absence émotionnelle des soldats revenus des combat, peuvent effrayer leur famille. Les épouses des traumatisés sont souvent déprimées, et les enfants de mères dépressives risquent de manquer de confiance en eux d’être anxieux.

L’exposition très jeune à la violence familiale vient souvent entraver ultérieurement l’établissement de relations stables et de confiance.

Le traumatisme est par définition insupportable

La plupart des combattants, des victimes de viol et des enfants qui ont été agressés sexuellement ou plus souvent maltraités sont si bouleversés quand ils pensent à ce qu’ils ont subi qu’ils tentent de chasser cette expérience de leur esprit, de faire comme si de rien n’était et de passer à autre chose.

Il faut énormément d’énergie pour continuer à vivre en gardant le souvenir de la terreur, avec la honte d’avoir été si faible et vulnérable.

L’Homme a beau vouloir dépasser le traumatisme, la zone cérébrale chargée d’assurer sa survie, profondément enfouie sous l’aire rationnelle du cerveau, n’est pas très douée pour le déni.

Longtemps après la fin d’une expérience traumatisante, le moindre signe de danger peut la réactiver, mobiliser des circuits cérébraux perturbés et provoquer une sécrétion importante d’hormones de stress.

Cela engendre des émotions pénibles, d’où des sensations très vives et des impulsions agressives.

Ces réactions post-traumatiques semblent incompréhensibles et irrépressibles.

Incapables de se contrôler, les rescapés d’un traumatisme craignent souvent d’être profondément atteints et incurables.

Le défi est le suivant : peut-on apprendre à surmonter les séquelles d’un traumatisme pour reprendre la barre de son navire intime, et comment ?

La compréhension, la parole et les rapports humains peuvent aider, et les médicaments arrivent à freiner l’hyperactivité des systèmes d’alerte.

Mais nous verrons aussi que l’on peut transformer les empreintes du passé via des expériences physiques qui contrecarrent directement la rage, l’impuissance et l’effondrement causés par le traumatisme, ce qui permet de retrouver la maitrise de soi

Je n’ai pas de préférence quant au mode de traitement, car aucune approche n’est bonne pour tout le monde et je pratique l’ensemble des thérapies que j’ai cité plus haut. Chacune est susceptible d’amener des changements profonds, selon la nature du problème et le caractère du patient.

Hypnothérapie à Rabat – Maroc

Docteur Jean-Victor Belmère

Souvent après une longue pratique de la médecine et de la chirurgie,

comme c’est mon cas, on s’interroge sur l’action thérapeutique que l’on a pu avoir après des décennies de pratiques (plus de 40 ans pour moi). Et on se rend compte, que ce soit en chirurgie, ou en médecine, que la manière dont on donne et bien supérieure à ce que l’on donne.

Et bien souvent dans mes discussions avec mes patients dans la préparation d’un acte chirurgical,

j’ai vu, lors de mes explications, le regard se voiler, se figer, les gestes devenant plus rares, plus parcimonieux, le patient se retrouver en hypnose, sans qu’il le sache et sans que je le susse à l’époque. La chirurgie ou l’acte médical devenait plus simple à réaliser et les résultats et leurs suites beaucoup plus harmonieuses.

Sous l’impulsion de Jean Godin j’ai rapidement utilisé l’hypnose à des fins anesthésiques et analgésiques

pour des interventions chirurgicales ambulatoires en chirurgie de jour ou au cabinet en particulier pour l’ablation de matériel d’ostéosynthèse (AOS).

Puis après avoir cesser la chirurgie en raison de la perte de l’usage de ma main gauche je me suis intéressé à l’hypnothérapie ou hypnose thérapeutique sous la pression de mon épouse, coach et thérapeute, qui rencontrait des difficultés dans certains cas.

L’HYPNOTHÉRAPIE EST L’APPLICATION DE L’HYPNOSE à un vaste éventail de troubles médicaux et psychologiques.

Avant de pratiquer l’hypnose, il faut avoir reçu une bonne formation en psychothérapie, que l’on soit psychologue, médecin, ou dentiste.

En fait, la formation en psychothérapie et en hypnothérapie est un processus sans fin.

Par bien des aspects, l’hypnose est l’art d’obtenir l’attention du patient et ensuite de communiquer efficacement des idées qui augmentent sa motivation et changent sa façon de percevoir les choses.

Ayant une solide formation en psychiatrie (CES), en biologie humaine (doctorat) et en neurophysiologie (agrégation) je me suis plongé dans l’hypnose thérapeutique avec délectation.

Mon approche a surtout une approche scientifique de neurophysiologiste, de neuro-psychiatre, de neurologue. Et progressivement j’ai développé mes propres outils qui me permettent de faire face à des pathologies très diverses, souvent inaccessibles à la médecine traditionnelle.

Si mes connaissances en anatomie, en physiologie, en biologie me permettent de visualiser le parcours de la pathologie, il faut bien avouer les mécanismes intrinséques de l’hypnose sont en encore flous.

L’hypnose marche parfaitement, et « soigne » toute une pathologie inaccessible

à la pharmacopée ou à la « parole » psychanalytique, psychologique ou autre acte « psychiatrique ». C’est le cas des phobies, des TOCs, des Dépressions, des peurs et toutes ces anxiétés, angoisses et crises de panique… et bien d’autres pathologiques qui troublent les comportements de l’être humain comme les compulsions (onychophagie, trichotillomanie, par exemple), les troubles anxieux et les phobies, les dysfonctions sexuelles et les problèmes relationnels, les troubles de la concentration et de la réussite scolaire ou sportive, les techniques de renforcement du moi pour développer l’estime de soi et l’efficacité personnelle, les troubles du stress post-traumatique, les troubles des personnalités multiples, les patients gravement perturbés (par exemple, borderline, schizophrènes), et d’autres troubles émotionnels. Mais aussi la douleur et l’hypnoanesthésie, la dyslexie, le bégaiement, l’énurésie, le syndrome de de La Tourette, la phobie scolaire, les troubles allergiques et immunitaires et l’asthme.

Dans certains cas, les problèmes et les symptômes sont liés à des facteurs historiques (par exemple, un traumatisme), ou bien ont des fonctions adaptatives ou servent des objectifs qui échappent à la perception consciente. Dans de tels cas, les suggestions et métaphores hypnotiques seront surtout efficaces après un travail d’exploration et de régression en âge (travail d’abréaction).

Une approche intégrative complète de l’hypnose comporte donc l’utilisation de techniques hypnotiques exploratoires et orientées vers la compréhension intérieure (insight) est par contre beaucoup plus difficile de donner des modèles de ces interventions dans un espace relativement limité.

L’hypnose est comme toutes les autres techniques ou modalités médicales ou psychologiques : son efficacité n’est pas égale pour tous les problèmes et tous les patients.

Il est donc d’une importance capitale de ne pas être identifiés en tant qu’«hypnotistes », mais plutôt en tant que psychologues, médecins, infirmières, anesthésistes, etc., qui utilisons l’hypnose comme l’une de nos modalités d’intervention, parmi nos autres outils cliniques.

En outre, l’éthique nous impose de n’utiliser l’hypnose que pour traiter des problèmes que nous sommes qualifiés à traiter avec des techniques non hypnotiques.

Quand on n’a pas reçu de formation supérieure spécialisée et de supervision pour exercer avec des enfants ou faire de la sexothérapie, il semble contraire à l’éthique de se servir de l’hypnose pour travailler dans ces domaines.

La seule formation à l’hypnose ne nous rend pas aptes à travailler dans des domaines spécialisés qui sont en dehors de nos compétences.

De même, apprendre simplement quelques inductions hypnotiques et chercher ensuite à appliquer des suggestions glanées dans des livres ou des articles.

Comment ? Malgré ma somme de connaissances

médicales, anatomiques, physiologiques, biologiques, fonctionnelles, philosophiques, psychologiques, psychopathologiques je ne sais pas comment et pourquoi… Mais l’hypnose est utilisée pour explorer des fonctions préconscientes et inconscientes, résoudre des problèmes du passé, et utiliser les ressources inconscientes.

Cette façon de travailler s’appuie sur le principe général de l’éclectisme technique qui encourage l’utilisation de techniques consacrées par l’usage en fonction d’indications et de contre-indications fondées sur l’empirisme et la validation expérimentale plutôt que sur des théories.

L’hypnothérapie, comme la psychothérapie, est encore plutôt du domaine de l’Art et son développement scientifique est à ses balbutiements. Des lignes directrices expérimentales et cependant systématiques et explicites voient le jour à propos du choix des stratégies et des techniques avec différents patients, et ce processus est en cours de développement

Mais l’hypnose « marche » exceptionnellement.

Les progrès de l’imagerie médicale fonctionnelle et des explorations ciblées sur la fonction cérébrale objectivent des modifications patentes en cours de séances d’hypnose et prouvent que l’hypnose a une action « organique », bien que l’on ne sache pas, encore, comment et pourquoi.

 

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Le Dr Jean-Victor Belmère est un clinicien de génie, d’une étoffe et d’un talent rares, et il est devenu l’un des géants du domaine de l’hypnose clinique. Une partie de son mérite réside dans sa capacité à intégrer les contributions pratiques que l’on trouve dans une grande variété d’orientations et d’approches différentes de l’hypnose.

Même si son érudition et ses recherches font avancer notre domaine, le Dr Belmère est avant tout un clinicien de tout premier plan et l’une des rares personnes qui soit capable de concevoir des thérapies adaptées à presque tous les cas. Tous ceux qui travaillent dans ce domaine garderont une dette envers lui pour sa largeur de vue en clinique, son expérience pratique étendue, et sa connaissance approfondie de la question.

« Les hommes m’ont crédité d’un certain génie, mais mon seul génie repose en ceci : quand j’ai un sujet en tête, je l’étudie en profondeur, jour et nuit il est devant mes yeux. J’explore tous ses tenants et aboutissants. Mon esprit en est envahi. Le résultat en est ce que les gens appellent les fruits du génie, quand ce ne sont en réalité que les fruits de l’étude et du travail. »