Les pensées en boucle, Ruminations – Rabat Maroc

Les personnes consultent un thérapeute en hypnose pour de nombreuses problématiques : confiance en soi, douleur chronique, dépression, angoisse, insomnie…

Mais la difficulté la plus fréquemment abordée est la présence de ces fameuses pensées en boucle, dites automatiques ou encore « ruminations », dites anxieuses.

Elles peuvent surgir à n’importe quel moment : le matin, tout au long de la journée, au moment de s’endormir, et elles peuvent même venir nous réveiller la nuit !

Nous pourrions fournir, à ce propos, plusieurs explications concrètes telles qu’un niveau trop élevé de stress, un objectif à atteindre, de la fatigue, le cerveau qui a du mal à se mettre sur « off » ou encore les résidus d’un choc émotionnel… Oui, notre cerveau a besoin d’une explication rationnelle : nous ne supportons pas ce vide ou cette absence de sens. Alors, nous n’avons de cesse de vouloir tout contrôler parce que cela nous réconforte !

Vous pourriez me dire que, maintenant que nous en connaissons les causes potentielles, nous sommes peut-être rassurés. Pourtant, ces pensées automatiques sont toujours là. De nombreuses personnes trouvent des ressources dans le yoga, le sport, la lecture, la méditation ou encore dans plus de sommeil. Ce qui peut être efficace pour certains ne l’est pas pour d’autres. Reste alors la solution médicamenteuse… Mais nous savons bien que si cela nous apaise un temps, le mécanisme reviendra dès que le traitement sera terminé.

Rumination, pensées en boucle que faire ?

Dans le domaine des thérapies brèves, nous considérons que le corps et l’esprit font partie d’un même système cybernétique. C’est-à-dire qu’ils sont reliés. Nous pouvons donc agir soit sur le corps, soit sur l’esprit, ce qui va instantanément produire une influence réciproque.

Savez-vous qu’il faut 21 jours pour qu’un comportement devienne une habitude et 46 jours pour qu’il devienne un réflexe ?

Ainsi, nous avons le pouvoir de décider ce à quoi nous pensons.

Nous pouvons donc restructurer tout notre système neuronal, un peu comme un ordinateur que l’on va défragmenter.

Nous connaissons un bon nombre de poisons ou de produits toxiques pour notre organisme. Qu’en est-il pour notre cerveau et donc pour notre pensée ?

Il existe au moins 3 poisons majeurs pour la pensée. Prenons le temps de les regarder pour mieux les comprendre.

Les 3 poisons majeurs de la pensée

1) L’interprétation

Ce mécanisme se révèle être extrêmement risqué et néfaste. Certaines personnes croient voir des signes dans ce qu’elles vivent et en déduisent toutes sortes d’analyses qu’elles tiennent ensuite pour des vérités absolues. Ceci peut avoir pour conséquence toutes sortes de représentations émotionnelles et donc de comportements.

Prenons l’exemple d’une personne qui souhaite occuper un certain poste dans une société. Elle se donne un mal fou pour décrocher un entretien. Après de multiples tentatives, elle y arrive enfin. Pour se rendre à son rendez-vous, elle tombe en courant pour attraper son bus. Il pleut. Et le bus arrivant, elle reçoit une grande flaque d’eau en pleine figure. Elle a vite fait de se dire : « Je laisse tomber. Cet emploi n’est vraiment pas pour moi. Il y a trop de signes qui me le prouvent… »

Ou bien, cette personne peut également se dire : « Quoiqu’il arrive, rien ne m’arrêtera ! » Elle se présente à l’entretien et dit au recruteur : « Vous avez devant vous la personne la plus déterminée qu’il soit : j’étais tellement motivée que je suis tombée en courant pour être à l’heure à notre rendez-vous. Le bus a anéanti mon brushing. Et pourtant rien n’aurait pu m’arrêter, car je suis convaincue que ce poste est fait pour moi ». Il y a des chances pour que le recruteur décide de lui faire faire un essai !

En fonction de l’état d’esprit dans lequel nous nous trouvons, nous allons observer dans l’environnement ou sur autrui des signes, des gestes, des paroles, qui ne sont que la projection de nos propres émotions. Ainsi, l’analyse interprétative sera le reflet de notre état d’esprit : négative si nous sommes tristes, ou positive si nous sommes joyeux.

L’interprétation, qui nous amène à chercher, analyser ou ruminer se révèle donc être un piège. Il sera bien plus pertinent et sécuritaire de se référer uniquement aux faits et aux actes observés.

2) La comparaison

est un mécanisme naturel et pourtant c’est aussi l’arme de la dépréciation. On peut comparer une performance à un moment ponctuel, mais pas deux individus dans leur globalité. En me comparant aux autres, j’oriente mon attention sur mes manques et j’en oublie mes atouts. Autant comparer des tomates et des citrouilles ! Aucun individu ne ressemble à un autre, même si en apparence certains semblent mieux réussir.

Nous avons tendance à vite oublier que nous ne possédons pas la même référence au bonheur, les mêmes objectifs, ni la même génétique ou les mêmes parents, les mêmes croyances, la même éducation, et les mêmes expériences de vie.

Certaines qualités sont valorisées par la société tandis que d’autres sont dénigrées. Les créatifs, ambitieux, dynamiques sont étiquetés positivement alors que les empathiques, sensibles, casaniers sont connotés négativement.

La comparaison nous porte encore une fois à des pensées qui reviennent en boucle et nous amène très souvent dans un état plutôt négatif.

Savez-vous qu’il y a deux types fondamentaux d’apprentissages : par l’échec et par l’imitation?

Ceux qui ne veulent pas échouer se refusent à apprendre, car l’erreur est une étape indispensable au développement, nécessaire à tout apprentissage. Certes, cela implique de faire preuve d’humilité que d’accepter son erreur, mais c’est aussi une marque de sagesse de savoir dire « je ne sais pas ». La clé de la réussite ne vient-elle pas de la persévérance ?

Puisque nous sommes dotés de neurones miroirs, il nous est donc naturel d’imiter les autres. Choisissez-vous alors, consciemment, un modèle de référence : quelqu’un que vous admirez dans chaque domaine de réussite que vous convoitez. Ainsi, vous porterez l’attention sur vos points communs et les actions à accomplir pour lui ressembler. Amusez-vous à le visualiser dans votre vie, il sera comme un guide et vous n’aurez plus qu’à l’imiter… Vous en serez stimulé, plus confiant donc plus motivé !

3) Le jugement

Là encore, nous collons des étiquettes dont nous avons ensuite bien du mal à nous débarrasser… Sachez que chaque pensée crée un programme et par conséquent, le comportement qui suit. En me jugeant, je me limite et limite les performances des autres.

C’est une forme de négligence émotionnelle qui, si elle est trop fréquente, devient de la maltraitance psychologique que je m’afflige à

moi-même et aux autres… Préférez donc observer sans évaluer. Vous gagnerez en ouverture d’esprit, en tolérance et en bienveillance.

Maintenant que vous avez commencé à rééduquer votre pensée en vous rapprochant de la réalité objective, je vous invite à reprogrammer votre pensée durablement.

Chaque matin avant de commencer votre activité, je vous invite à lire ce mantra :

« Tout dans ma vie me vient avec facilité, amour, réussite et abondance ».

Il sera comme la météo de votre journée. Il vous aidera à mettre de la luminosité et conserver votre soleil intérieur. Vous pouvez le personnaliser avec des mots qui vous sont propres ou qui vous semblent plus percutants. Je vous invite à le lire 3 fois, lentement, en prenant le temps de ressentir le sens de chaque mot, de prendre une grande respiration entre chaque répétition. Vous pouvez également le répéter chaque soir au coucher.

Il sera aussi pertinent de vérifier que vous êtes bien aligné, en accord entre vos valeurs et vos objectifs, afin d’éviter les conflits. Si ce n’est pas le cas, acceptez que, pour le moment présent, la réalité soit ainsi.

Tout en vous donnant les moyens que, par vos actions ou plus tard, les choses évolueront autrement… C’est le fameux lâcher-prise !

Et si les ruminations surgissent encore et encore, inutile de chercher à les chasser, car plus vous voudrez qu’elles disparaissent et plus elles s’accrocheront. Tant qu’il n’y a pas d’indifférence, il y a une émotion qui perdure et entraîne un conflit donc une lutte, un combat.

L’astuce, c’est de remplacer les pensées toxiques… par ce mantra :

Ma pensée n’est que ma pensée
C’est ma vérité
Ce n’est pas la réalité
Le passé n’existe plus
Le futur n’existe pas encore
Seul le présent compte
Le reste ce n’est que du cinéma

Ce mantra est à répéter en boucle sans interruption environ 2 minutes, soit 5 ou 6 fois. Résultat : vous serez confus, vous aurez oublié ce à quoi vous pensiez précédemment. Exactement comme maintenant, alors que vous êtes en train de lire cet article, vous n’interpréterez plus, vous vous fierez juste aux faits et à l’instant présent.

Il vous sera alors plus facile de mettre en place une pensée alternative objective et rafraîchissante.

La pensée rafraîchissante, ce n’est pas me convaincre de penser blanc si je pense noir. C’est croire en quelque chose qui est juste et constructif pour moi.

Par exemple, plutôt que de dire je ne vais pas y arriver je vais faire de mon mieux. Et non pas je vais y arriver.

Ou, j’ai mal dormi cette nuit, je serai fatiguée toute la journée j’ai peu dormi, j’aurai quand même toute l’énergie pour faire tout ce que j’ai à faire aujourd’hui. Et non pas : je serai en pleine forme.

Ces pensées rafraîchissantes auront un impact direct sur vos émotions et donc sur vos comportements. Petit à petit, vous arrêterez de vous déprécier ou de mal vous juger. Et miracle! Vous commencerez à gagner en confiance et en estime de soi parce que vous commencerez à vous respecter. Plus apaisé et serein, vous gagnerez en efficacité !

Là aussi, dans les pensées en boucle, les ruminations l’HYPNOSE est souveraine