La Bible du SWAN by Dr Jean-Victor Belmère
Voici un article d’environ 3 000 mots, fondé sur le contenu des deux tomes et présentant les 98 protocoles dans leurs 16 familles cliniques.
La Bible du SWAN : deux tomes et 98 protocoles pour comprendre l’approche Corps-Conscience
Par le Dr Jean-Victor A. Belmère — Médecin neurophysiologiste et hypnothérapeute experimenté
Comprendre sa souffrance ne suffit pas toujours à la transformer. Une personne peut reconnaître le caractère excessif de ses inquiétudes tout en ressentant une tension persistante. Elle peut souhaiter retrouver le sommeil sans parvenir à relâcher sa vigilance, ou savoir qu’une situation est sans danger alors que son corps réagit avec appréhension.
C’est à partir de ces situations cliniques que s’organise La Bible du SWAN, un ouvrage en deux tomes consacré à l’utilisation de la réponse idéomotrice dans l’accompagnement hypnothérapeutique.
Le premier tome présente les fondements et la modélisation de la démarche. Le second développe 98 protocoles répartis en 16 familles, de l’anxiété aux difficultés liées au vieillissement, en passant par le sommeil, la douleur, les traumatismes, les relations et les transitions de vie.
L’objectif est de proposer aux professionnels une méthode de réflexion et des supports de séance adaptables à chaque personne.
Le SWAN et la place du corps dans l’accompagnement
Dans le cadre présenté par l’ouvrage, le SWAN utilise notamment les mouvements de la main comme support d’attention et de communication. Ces mouvements, dits idéomoteurs, peuvent être ressentis comme spontanés, sans décision motrice volontaire clairement identifiée.
Le praticien accompagne leur observation dans un cadre explicite, avec le consentement de la personne. Les conventions de communication sont établies ensemble et restent révisables.
Un mouvement ne constitue cependant ni une preuve diagnostique, ni une vérité indépendante du contexte. Il ne permet pas d’identifier avec certitude une cause cachée, un souvenir oublié ou une décision que le patient devrait suivre.
Dans l’Hypnothérapie Corps-Conscience, je privilégie une entrée par les sensations, les appuis, le mouvement et l’expérience présente. Cette orientation est souvent qualifiée de bottom-up, ou ascendante. Elle complète le travail sur les pensées et les représentations : les interactions entre corps, attention, émotions et interprétations sont bidirectionnelles.
L’enjeu clinique consiste à aider la personne à observer ce qu’elle éprouve, à identifier ses limites et à participer activement à son accompagnement.
Deux tomes complémentaires
Tome I : comprendre les fondements et la modélisation
Le premier tome explore le système nerveux autonome, les relations entre sensations et émotions, l’activité idéomotrice et la place de l’attention dans l’expérience hypnotique. Il expose également les hypothèses fonctionnelles utilisées pour penser le SWAN.
Le parcours général comprend huit séquences : préparation, installation de la main, activation idéomotrice, stabilisation de la communication gestuelle, dialogue Corps-Conscience, régulation, transformation et réintégration.
Ces étapes constituent des repères pédagogiques. Elles ne dispensent jamais d’adapter la séance, de ralentir ou d’interrompre le travail.
Tome II : accompagner les situations cliniques
Le second tome traduit cette démarche en propositions organisées par indication. Chaque protocole présente les objectifs, les précautions, la préparation, le déroulement, des formulations de séance, les difficultés possibles et les critères d’évolution.
Les scripts servent à comprendre une posture et une progression. Leur lecture mécanique ne remplace ni l’écoute, ni la formation, ni l’évaluation clinique.
Les 98 protocoles ne correspondent pas à 98 traitements dont l’efficacité serait démontrée. Ils décrivent des situations d’accompagnement, parfois proches ou transversales, avec des adaptations liées à l’âge, au contexte et aux besoins du patient.
Les 98 protocoles et leurs indications

La Bible du SWAN réunit deux volumes consacrés à l’approche Corps-Conscience. L’article présente leur complémentarité : comprendre les fondements de la démarche, puis découvrir 98 propositions de protocoles réparties en 16 familles cliniques. Un panorama destiné aux professionnels souhaitant situer cette pratique et ses conditions d’utilisation. by Dr Jean-Victor Belmère
1. Troubles anxieux et liés au stress — 9 protocoles
Cette première famille concerne l’inquiétude persistante, l’anticipation menaçante et les conduites d’évitement. Le travail proposé porte sur l’expérience corporelle de l’alarme, la tolérance des sensations et la reprise progressive d’activités.
Les neuf protocoles abordent :
-
l’anxiété généralisée ;
-
l’anxiété de performance : examens, prise de parole, scène ou sport ;
-
les attaques de panique et le trouble panique ;
-
les phobies spécifiques ;
-
la phobie sociale ou anxiété sociale ;
-
l’agoraphobie ;
-
l’anxiété de séparation chez l’enfant et l’adulte ;
-
le stress chronique et l’hypervigilance ;
-
le burn-out et le brown-out.
Pour le praticien, il importe de distinguer une appréhension ponctuelle d’un trouble installé. Dans l’épuisement professionnel, l’accompagnement individuel doit également considérer les conditions de travail et les possibilités concrètes de changement.
2. Traumatismes et mémoires émotionnelles — 6 protocoles
Cette famille privilégie la stabilisation, le respect des limites et la sécurité relationnelle. Elle ne propose pas d’imposer le récit d’un événement traumatique.
Elle comprend :
-
l’état de stress post-traumatique simple et complexe ;
-
les traumatismes de l’enfance ;
-
les traumatismes sexuels et les violences ;
-
le deuil compliqué et le chagrin prolongé ;
-
les traumatismes médicaux ;
-
les manifestations corporelles et les reviviscences décrites dans le livre sous l’intitulé « mémoires corporelles ».
Une sensation ou une réponse gestuelle ne permet pas de reconstituer un événement passé. La recherche de souvenirs par suggestion doit être exclue.
Pour le stress post-traumatique, les recommandations de référence comprennent notamment les psychothérapies centrées sur le trauma et l’EMDR. Le SWAN ne doit pas être présenté comme leur équivalent validé. Recommandations NICE
3. Troubles de l’humeur — 5 protocoles
Les cinq propositions concernent :
-
la dépression légère, modérée et sévère ;
-
la dépression réactionnelle ;
-
les troubles bipolaires, dans l’accompagnement entre les épisodes ;
-
la dysrégulation émotionnelle et la labilité ;
-
l’anhédonie et la perte d’élan vital.
L’ouvrage envisage un travail sur les sensations d’immobilité, la difficulté à mobiliser ses ressources et les variations émotionnelles. Les objectifs restent individualisés : retrouver une activité accessible, mieux identifier ses états internes ou soutenir la participation aux soins.
La présence d’une dépression sévère ou d’un trouble bipolaire exige une évaluation et un suivi adaptés. Un épisode maniaque, une décompensation ou un risque suicidaire ne relèvent pas d’une séance de SWAN isolée.
4. Sommeil — 5 protocoles
Cette famille aborde :
-
l’insomnie d’endormissement et de maintien ;
-
le sommeil non réparateur et les réveils nocturnes anxieux ;
-
les cauchemars récurrents ;
-
les terreurs nocturnes ;
-
le reconditionnement du sommeil.
Les propositions explorent notamment l’appréhension du coucher, la surveillance des signes d’endormissement et les tensions qui accompagnent les réveils.
L’intention est de diminuer la lutte avec l’expérience nocturne et de soutenir des habitudes favorables au repos. Une plainte de sommeil nécessite cependant d’en rechercher les causes : troubles respiratoires, douleur, médicaments, rythmes irréguliers ou affection psychiatrique. Les cauchemars et les terreurs nocturnes demandent également à être distingués.

— Corps et communication gestuelle
Quelle place donner aux mouvements de la main en hypnothérapie ? À travers la présentation du SWAN, cet article explore la réponse idéomotrice comme support d’attention et de dialogue. Il rappelle qu’un geste ne révèle ni une vérité cachée ni un diagnostic, et souligne la participation active de la personne accompagnée.
Dr Jean-Victor Belmère
5. Régulation de soi, comportements et addictions — 5 protocoles
Les situations abordées sont :
-
les troubles du comportement alimentaire ;
-
les addictions aux substances ;
-
les addictions comportementales ;
-
les conduites répétitives, notamment l’onychophagie, la trichotillomanie et la dermatillomanie ;
-
la procrastination et l’inhibition de l’action.
Cette famille propose d’observer les circonstances du comportement, les sensations qui le précèdent et les possibilités d’une réponse différente. Elle invite à dépasser les explications moralisatrices fondées sur un supposé manque de volonté.
Le travail s’inscrit, lorsque nécessaire, dans une prise en charge nutritionnelle, médicale, psychologique ou addictologique. Un sevrage ne doit jamais être improvisé sur la seule base d’un protocole hypnotique. Les troubles alimentaires sévères nécessitent eux aussi des soins spécialisés.
6. Obsessions, compulsions et contrôle — 4 protocoles
Quatre protocoles concernent :
-
les troubles obsessionnels-compulsifs ;
-
les pensées obsédantes et les ruminations ;
-
le besoin de contrôle et l’intolérance à l’incertitude ;
-
les phobies d’impulsion.
L’accompagnement proposé porte sur la manière de vivre une pensée intrusive ou une sensation d’incertitude, plutôt que sur la recherche d’une assurance absolue.
La communication gestuelle ne doit pas devenir un nouveau rituel de vérification. Demander répétitivement à la main de garantir qu’aucun danger n’existe risquerait d’entretenir la dépendance à la réassurance. La pertinence du protocole se mesure donc à la liberté d’action retrouvée, et non au nombre de réponses obtenues.
7. Corps, douleur et psychosomatique — 5 protocoles
Cette famille comprend :
-
la douleur chronique : fibromyalgie, lombalgies, migraines et céphalées de tension ;
-
les troubles fonctionnels digestifs ;
-
les manifestations regroupées sous le terme de psychosomatique ;
-
les acouphènes et les hypersensibilités sensorielles ;
-
les symptômes neurologiques fonctionnels.
L’objectif est d’explorer la détresse associée au symptôme, les tensions, l’attention corporelle et le retentissement quotidien. Cela n’autorise pas à attribuer automatiquement une douleur, des palpitations ou une affection cutanée à une origine psychologique.
Des recherches soutiennent certains usages de l’hypnose dans la douleur et les troubles digestifs fonctionnels. Ces résultats ne valident pas automatiquement les protocoles SWAN présentés dans cet ouvrage. Synthèse du NCCIH sur l’hypnose
8. Estime de soi et identité — 6 protocoles
Les six axes sont :
-
le manque de confiance et d’estime de soi ;
-
la culpabilité et l’hyper-responsabilité ;
-
le perfectionnisme et l’exigence intérieure tyrannique ;
-
le syndrome de l’imposteur ;
-
l’affirmation de soi et les difficultés relationnelles ;
-
les questionnements identitaires et de transition.
Ces situations peuvent se traduire par une retenue corporelle, une vigilance au jugement ou une difficulté à exprimer ses limites. Les protocoles proposent d’accompagner une expérience plus tolérable de l’affirmation personnelle.
Les questionnements identitaires ne constituent pas en eux-mêmes une pathologie. L’accompagnement respecte l’identité, les valeurs et les choix de la personne, sans chercher à les orienter vers une norme imposée.

Organisation des protocoles
Anxiété, sommeil, douleur, relations ou transitions de vie : le second tome organise les situations d’accompagnement en 16 ensembles thématiques. Cette lecture présente la diversité des sujets abordés et les adaptations proposées selon l’âge et le contexte. Les protocoles constituent des supports de réflexion, à ajuster aux besoins de chaque personne.
Dr Jean-Victor Belmère
9. Troubles dissociatifs — 3 protocoles
Cette famille traite :
-
de la dépersonnalisation et de la déréalisation ;
-
des états dissociatifs post-traumatiques ;
-
des amnésies dissociatives.
L’ouvrage limite ici le travail à la présence, à l’ancrage sensoriel et à la réduction de la détresse, dans un cadre spécialisé lorsque la situation l’exige.
La priorité est de maintenir un contact suffisamment stable avec l’environnement et la relation. Une majoration du sentiment d’irréalité ou de la déconnexion conduit à interrompre l’exploration.
Ces protocoles ne visent jamais à lever une amnésie ou à récupérer des souvenirs. L’absence de souvenir ne doit pas être interprétée comme la preuve d’un événement déterminé.
10. Enfant et adolescent — 5 protocoles
Cette première famille pédiatrique comprend :
-
l’anxiété scolaire et le refus de l’école ;
-
les troubles attentionnels, dont le TDAH ;
-
l’énurésie et les troubles du sommeil de l’enfant ;
-
les peurs, les phobies et les terreurs nocturnes ;
-
la gestion des émotions et la régulation comportementale.
Le langage, la durée et les supports sont adaptés au développement de l’enfant. Sa participation et son accord restent essentiels.
Le travail implique aussi de comprendre le contexte familial, scolaire et médical. Il ne s’agit ni d’obtenir l’obéissance par l’hypnose, ni de présenter le TDAH comme un simple excès d’anxiété. Une difficulté scolaire ou une énurésie mérite une évaluation appropriée.
11. Périnatalité et étapes de vie — 4 protocoles
Quatre situations sont développées :
-
la préparation à l’accouchement et la peur de l’accouchement ;
-
l’anxiété périnatale, le baby-blues et la dépression post-partum ;
-
l’infertilité et les parcours de procréation médicalement assistée ;
-
les transitions de vie : séparation, expatriation, retraite, ménopause ou vieillissement.
L’accompagnement proposé concerne l’incertitude, les changements corporels, l’attente et les remaniements de la vie personnelle.
Il n’a pas pour objet de promettre une grossesse, un accouchement sans douleur ou une disparition des difficultés émotionnelles. Le baby-blues et la dépression post-partum ne sont pas interchangeables ; l’évaluation clinique détermine les besoins de soins et de soutien.
12. Spectre psychotique et troubles sévères — 3 protocoles
Le livre présente :
-
l’accompagnement de la schizophrénie et des troubles psychotiques stabilisés ;
-
les troubles de la personnalité ;
-
la réhabilitation et la restauration d’un sentiment de sécurité intérieure.
Il s’agit de propositions d’appui centrées sur le stress, la présence à l’environnement et la qualité de vie.
Cette famille appelle une lecture particulièrement attentive. Elle ne constitue pas une indication à explorer les hallucinations, les convictions délirantes ou des contenus supposés cachés. Le manuscrit exclut le travail exploratoire en phase psychotique active et insiste sur la coordination psychiatrique.
Le cadre thérapeutique, la stabilité clinique et les compétences du professionnel priment sur toute volonté d’appliquer une technique.
13. Sexologie et vie intime — 9 protocoles
Les neuf protocoles abordent :
-
les troubles du désir ;
-
les troubles de l’excitation et de l’orgasme ;
-
les troubles de l’érection d’origine anxieuse ;
-
le vaginisme et la dyspareunie ;
-
les phobies et les évitements de l’intimité ;
-
les séquelles de traumatismes sexuels ;
-
les dysharmonies du couple et les blessures de l’attachement ;
-
l’image du corps, la honte et l’estime sexuelle ;
-
la sexualité aux différentes étapes de la vie.
Le fil conducteur est le respect du consentement, du rythme personnel et des limites corporelles. L’objectif n’est pas d’imposer une fréquence, une pratique ou une performance sexuelle.
Les douleurs et difficultés sexuelles peuvent nécessiter un bilan médical et un accompagnement sexologique. Le protocole s’adapte à cette évaluation.

Résumé 4 — Repères pour les praticiens
Définir une demande, convenir d’un objectif observable et ajuster la séance : l’article met en lumière les repères pratiques exposés dans La Bible du SWAN. Le consentement, le rythme individuel et l’évaluation des changements au quotidien structurent une démarche où le script reste au service de la relation thérapeutique.
Dr Jean-Victor Belmère
14. Adolescence — 10 protocoles
Une famille spécifique approfondit les enjeux de cette période :
-
l’anxiété et le mal-être adolescent ;
-
la crise identitaire et la quête de soi ;
-
l’estime de soi, l’image du corps et la comparaison sociale ;
-
la pression scolaire et l’anxiété de performance ;
-
le harcèlement scolaire et ses séquelles ;
-
les conduites à risque et l’impulsivité ;
-
l’usage problématique des écrans et des réseaux sociaux ;
-
la régulation émotionnelle et les relations aux pairs ;
-
les troubles du sommeil ;
-
les questionnements affectifs et les premières relations.
L’accompagnement tient compte de l’autonomie émergente et de la place des adultes. Face au harcèlement, il inclut la nécessité de protéger l’adolescent et d’agir sur son environnement, au-delà du travail sur ses réactions.
15. Étudiants et jeunes adultes — 9 protocoles
Cette famille comprend :
-
l’anxiété d’examen et de concours ;
-
le stress académique et la procrastination ;
-
le burn-out étudiant ;
-
le décrochage et la perte de motivation ou de sens ;
-
la solitude et le déracinement universitaire ;
-
l’anxiété sociale et la prise de parole ;
-
l’hygiène de vie, le sommeil et le stress ;
-
la préparation mentale aux échéances ;
-
la transition vers la vie professionnelle et la peur de l’avenir.
Les objectifs concernent autant la récupération et l’organisation que la préparation d’une épreuve. Le praticien cherche à soutenir une action réaliste, sans renforcer l’exigence de réussite permanente.
Une détresse étudiante demande aussi d’examiner les contraintes matérielles, l’isolement et l’accès aux soins.
16. Gériatrie et vieillissement — 10 protocoles
La dernière famille aborde :
-
l’anxiété et la dépression du sujet âgé ;
-
les deuils multiples et la solitude ;
-
la peur de la mort et l’angoisse existentielle ;
-
la perte d’autonomie et les changements de l’image de soi ;
-
les troubles du sommeil ;
-
la douleur chronique et les somatisations ;
-
l’accompagnement des troubles cognitifs débutants ;
-
l’anxiété et l’épuisement de l’aidant ;
-
l’entrée en institution ;
-
le maintien du sens, de l’élan vital et de la sécurité intérieure.
Les séances s’adaptent à la fatigabilité, aux capacités sensorielles, à la mobilité et à la compréhension.
L’accompagnement des troubles cognitifs vise le confort et la qualité de vie. Il ne prétend ni restaurer une mémoire déficitaire ni modifier l’évolution d’une maladie neurodégénérative.
Comment utiliser ces protocoles en pratique ?
La première étape consiste à définir la demande réelle. Sous une plainte identique peuvent se trouver des besoins différents : mieux dormir, tolérer une sensation, reprendre une activité ou traverser une situation éprouvante.
Le professionnel choisit ensuite un objectif accessible et observable. Il vérifie que la personne comprend la démarche, peut refuser une proposition et dispose d’un moyen simple d’interrompre la séance.
Le protocole devient alors un support de dialogue. Le rythme, les formulations et la place du mouvement varient selon la personne. Un geste absent ou ambigu n’est pas un échec et ne doit pas être forcé.
L’évaluation porte sur la vie quotidienne : fréquence des évitements, qualité du repos, participation aux activités, intensité de la détresse et capacité à utiliser les ressources travaillées. Un mouvement spectaculaire pendant la séance ne suffit pas à démontrer un bénéfice durable.
La comparaison entre les séances aide également à décider s’il faut poursuivre, modifier l’objectif ou orienter vers une autre prise en charge. Une absence d’amélioration mérite d’être reconnue sans être attribuée à un défaut de motivation du patient. Les critères de progression doivent être partagés dès le départ : ce qui compte est un changement utile pour la personne, dans son environnement, et non la conformité de sa réponse aux attentes du praticien.

Hypothèses et limites scientifiques
La présentation de l’ouvrage distingue les connaissances générales sur l’hypnose des hypothèses propres au SWAN. Elle invite à examiner les modèles proposés sans confondre plausibilité et efficacité démontrée. Les 98 protocoles sont ainsi décrits comme des propositions d’accompagnement, avec leurs précautions et leurs limites.
Dr Jean-Victor Belmère
Une ambition clinique accompagnée d’exigence scientifique
La Bible du SWAN distingue les connaissances générales sur l’hypnose et les phénomènes idéomoteurs des hypothèses spécifiques proposées pour comprendre la méthode.
Le manuscrit souligne les limites de son corpus expérimental propre. Les explications neurophysiologiques doivent donc être lues selon leur statut : données établies, modèles discutés ou hypothèses à tester.
La plausibilité d’un mécanisme ne démontre pas l’efficacité d’un protocole. De même, une illustration clinique permet de comprendre une situation, mais ne remplace pas une étude comparative.
Cette distinction fait partie de la transmission. Elle permet de présenter les possibilités de l’approche avec précision, d’en reconnaître les limites et d’encourager des évaluations plus rigoureuses.
À qui s’adresse La Bible du SWAN ?
L’ouvrage s’adresse aux professionnels de santé et de l’accompagnement qui souhaitent approfondir leur compréhension du SWAN, dans les limites de leurs qualifications et de leur champ d’exercice.
Le premier tome fournit les repères nécessaires à la lecture du second. Les 98 protocoles offrent ensuite une organisation pratique pour réfléchir aux indications, aux adaptations et aux situations exigeant une orientation spécialisée.
Pour les lecteurs qui découvrent l’hypnothérapie, ces deux volumes permettent aussi de mieux comprendre ce qui peut être proposé en séance et les questions à poser à un praticien. Ils ne constituent pas un manuel d’autotraitement des troubles complexes.
Mon ambition est de transmettre une pratique attentive à la singularité de chacun : observer avant d’interpréter, rechercher le consentement, ajuster l’intervention et évaluer ce qu’elle change réellement.
La Bible du SWAN invite ainsi à articuler expérience corporelle, réflexion clinique et responsabilité thérapeutique, au service d’un accompagnement individualisé.
