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ENTRETIEN CLINIQUE — VERBATIM
Patiente : MME G.P.
Consultant : Dr J.-V. B.
Cadre : premier entretien – anamnèse approfondie
Dr B.
Avant de rentrer dans les détails, j’aimerais que tu me dises, avec tes mots à toi, ce qui t’amène aujourd’hui.
Mme G.P.
Parce que… c’était une année intense. Dans tous les sens du terme.
Je me suis pris des trahisons, des mensonges, des cachoteries… et surtout, le père de mes enfants est rentré en prison, sans que je m’y attende du tout.
Dr B.
Quand tu dis “sans que tu t’y attendes”, c’est vraiment brutal ?
Mme G.P.
Oui. Brutal.
Il y avait des choses que je sentais confusément, mais jamais à ce point-là.
Et du jour au lendemain… tout s’effondre.
Dr B.
Qu’est-ce qui s’effondre en premier pour toi ?
Mme G.P.
La sécurité.
Clairement.
C’était… le sol qui se dérobe. Les fondations. Tout.
Dr B.
Qu’est-ce que tu as dû gérer immédiatement après ?
Mme G.P.
Tout.
Les dettes. Les enfants. L’organisation. Le financier.
Émotionnellement, physiquement, fonctionnellement… j’ai tout porté.
Dr B.
Tu as tenu.
Mme G.P.
Oui.
J’ai tenu.
Je sais faire ça.
Dr B.
Pendant combien de temps ?
Mme G.P.
À peu près quatre mois.
Quatre mois où je n’ai pas eu le droit de craquer.
Dr B.
Et après ces quatre mois ?
Mme G.P.
Mon corps a dit stop.
Vraiment stop.
Dr B.
Comment ça s’est manifesté ?
Mme G.P.
Je n’arrivais plus à me lever du lit.
Plus envie de travailler, alors que je suis obligée.
Une fatigue… pas normale.
Pas “je suis fatiguée”, mais… vidée.
Dr B.
Une fatigue sans récupération ?
Mme G.P.
Exactement.
Dormir ne réparait rien.
Dr B.
Aujourd’hui, comment tu te situes ?
Mme G.P.
Je remonte un peu.
Je refais du sport.
Je reprends plaisir à des choses simples.
Mais c’est très fragile. Très tenu.
Dr B.
Tu as la sensation que ça peut rechuter ?
Mme G.P.
Oui.
À la moindre surcharge.
Dr B.
Qu’est-ce qui te surcharge le plus actuellement ?
Mme G.P.
La culpabilité.
Et le brouhaha dans ma tête.
Dr B.
Explique-moi.
Mme G.P.
Je me dis sans arrêt :
“Qu’est-ce que je dois faire ? Qu’est-ce que je dois arrêter de faire ?”
Est-ce que je dois tourner la page et m’occuper uniquement de moi et de mes enfants ?
Ou est-ce que je dois continuer à être là pour lui… même s’il est là où il est aujourd’hui pour de bonnes raisons ?
Dr B.
Tu continues à t’occuper de lui ?
Mme G.P.
Oui.
Pas comme avant.
Mais le minimum vital.
Parce que toute sa famille lui a tourné le dos. Tous ses amis aussi.
Dr B.
Et ça, ça te coûte ?
Mme G.P.
Énormément.
Ça me vampirise.
À trop donner aux autres, je n’arrive même plus à m’occuper de moi.
Dr B.
Et tes enfants ?
Mme G.P.
Je gère.
Avec l’aide que j’ai.
Mais j’ai peu d’énergie positive. Peu de patience.
Je fais… mais je suis sèche.
Dr B.
Et ça, tu le vis comment ?
Mme G.P.
Très mal.
Parce que ce n’est pas moi.
Dr B.
Parlons un peu de toi.
Ton parcours.
Mme G.P.
J’ai un master en école de commerce.
Je suis directrice dans le domaine agricole, sur plusieurs entités.
À côté, je fais du coaching en interne.
Dr B.
Quel type de coaching ?
Mme G.P.
Supervision de managers, coaching d’équipe.
Toujours avec cette casquette business… mais humaine.
Dr B.
C’est quelque chose qui t’a aidée à tenir ?
Mme G.P.
Oui.
Même si c’est plus facile d’aider les autres que soi.
Dr B.
Quand tu étais enfant, est-ce qu’il y a eu des événements de santé marquants ?
Mme G.P.
Oui.
Une paralysie faciale à 12 ans.
Dr B.
Brutale ?
Mme G.P.
Très brutale.
Un matin je me réveille, je ne ferme plus l’œil, tout le côté droit figé.
Dr B.
Et la récupération ?
Mme G.P.
Brutale aussi.
D’un coup.
Dr B.
Contexte de stress à l’époque ?
Mme G.P.
Oui.
Un cumul.
Des parents très pris par le travail.
Toujours en tension.
Et moi, j’étais l’arbitre.
Dr B.
L’arbitre ?
Mme G.P.
Oui.
Je calmais.
Je régulais.
Je prenais sur moi.
Dr B.
Parlons de tes parents.
Mme G.P.
Mon père… très violent.
Dans toutes les violences possibles.
Éducation par la peur.
Dr B.
Et ta mère ?
Mme G.P.
Enfant, proche.
Adolescente, une horreur.
Adulte, toujours une horreur.
Dr B.
Pourquoi ?
Mme G.P.
Parce que je n’étais jamais assez.
J’étais l’enfant parfaite, sérieuse, autonome…
Mais jamais suffisante.
Dr B.
Tu as des frères ou sœurs ?
Mme G.P.
Un petit frère.
Trois ans de moins.
Dr B.
Relation ?
Mme G.P.
Très compliquée.
Beaucoup de comparaisons.
Toujours négatives pour moi.
Dr B.
Ta puberté, comment tu l’as vécue ?
Mme G.P.
Très tôt.
11 ans.
Très douloureux.
Et très honteux.
Dr B.
Honteux ?
Mme G.P.
Ma mère l’a annoncé à tout le monde.
Je n’avais aucune intimité.
Dr B.
À l’âge adulte, l’événement majeur, c’est 2018.
Mme G.P.
Oui.
La perte de mon premier enfant.
Dr B.
Une semaine après la naissance.
Mme G.P.
Oui.
Et je n’ai jamais eu de vraies réponses.
Dr B.
Tu as été suivie ?
Mme G.P.
Tout de suite.
Psychiatre. Psychologue. Kinésiologue.
Je n’ai jamais arrêté d’être suivie.
Dr B.
Comme si tu n’avais jamais pu t’arrêter ?
Mme G.P.
Exactement.
Dr B.
Parlons de ton mari.
Comment tu l’as rencontré ?
Mme G.P.
En 2017.
C’était… évident.
Dr B.
Qu’est-ce qu’il représentait pour toi ?
Mme G.P.
La sécurité.
La parole.
La vérité.
Un homme droit.
Un père exceptionnel.
Dr B.
Et aujourd’hui ?
Mme G.P.
Tout s’est effondré.
Le contrat est rompu.
Dr B.
Tu dis “contrat”.
Mme G.P.
Oui.
C’était un contrat de confiance.
Dr B.
Tu te décris comment, toi, dans la vie ?
Mme G.P.
À l’extérieur : très dure.
Très cadrée.
Très respectée.
Dr B.
Et à l’intérieur ?
Mme G.P.
Très tendre.
Et avec lui… j’ai tout posé.
Les yeux fermés.
Dr B.
Qu’est-ce que tu attends de ce travail avec moi ?
Mme G.P.
De l’apaisement.
De la clarté.
Sortir du mode survie.
Ne plus être victime de ce qui s’est passé.
Dr B.
Et si on résumait en une phrase ?
Mme G.P.
Je veux avancer.
Sans me détruire.
Et sans devenir dure.
Dr Jean-Victor Belmère
Secrétariat Tél et Whatsapp : +212 666 583 866 ou +212 666 783 504
Voici une formalisation claire, clinique et exploitable de « Conscience Élargie
Conscience Élargie Thérapy
Définition courte (usage patient / institutionnel)
Définition clinique (usage professionnel)
Pourquoi le terme Conscience Élargie est pertinent
Ce que cette thérapie n’est pas (important à expliciter)
La thérapie par la conscience élargie est une augmentation fonctionnelle de la conscience, au service de la régulation et de l’intégration.
