Dire à une femme forte de “se détendre” ne suffit pas – Dr Jean-Victor Belmère – Rabat – Maroc
On entend souvent ce conseil, lancé avec bienveillance :
« Tu devrais te détendre. »
« Lâche prise. »
« Arrête de trop penser. »
Pourtant, chez de nombreuses femmes solides, compétentes, responsables — celles qui tiennent, organisent, portent, anticipent — ces injonctions restent sans effet.
Pas parce qu’elles refusent de se calmer.
Mais parce que ce n’est pas une question de volonté.
Quand l’anxiété devient un automatisme
Chez ces femmes, l’anxiété n’est pas toujours spectaculaire.
Pas de crises aiguës visibles.
Pas de panique débordante.
Elle est fonctionnelle.
Elles travaillent.
Elles gèrent.
Elles soutiennent.
Elles continuent.
Mais à l’intérieur, le système est en tension permanente :
• anticipation constante
• surveillance de soi
• contrôle des conséquences
• scénarios mentaux
• difficulté à s’arrêter
• fatigue nerveuse chronique
• sommeil non réparateur
Ces mécanismes ne sont pas des défauts de caractère.
Ce sont des programmes neuro-biologiques appris.
À force d’avoir dû tenir, s’adapter, sécuriser l’environnement, éviter les erreurs, le cerveau a enregistré une règle simple :
Rester vigilante = rester en sécurité.
Le problème, c’est que lorsque cette règle devient permanente,
le corps ne redescend plus vraiment.

Dire à une femme anxieuse et performante de « se détendre » ne suffit pas lorsque l’anxiété est devenue un automatisme neuro-biologique. Anticipation, contrôle et auto-surveillance sont souvent des stratégies apprises de survie qui maintiennent le système nerveux en état d’alerte chronique. La compréhension rationnelle ne suffit pas à désactiver ces circuits. Une prise en charge efficace vise la régulation corporelle, la restauration de signaux de sécurité et la transformation progressive des schémas internes, permettant au corps de retrouver durablement l’apaisement. Dr Jean-Victor Belmère
Ce que la neuroscience nous apprend
Dans ces états, on observe souvent :
• une hyperactivation du système nerveux sympathique
• une vigilance amygdalienne accrue
• une difficulté du cortex préfrontal à inhiber l’alarme
• une respiration haute et rapide
• une tension musculaire diffuse
• une charge allostatique élevée
Autrement dit : le corps se comporte comme si un danger était toujours possible.
Dire « détends-toi » revient alors à demander à un organisme en alerte maximale de s’éteindre par décision consciente.
C’est inefficace.
Et parfois même culpabilisant.
Pourquoi les conseils ne suffisent pas
Les conseils verbaux agissent sur la partie rationnelle.
Or l’anxiété chronique se joue d’abord dans :
• les circuits émotionnels
• la mémoire implicite
• les réflexes corporels
• les habitudes de régulation
• la posture intérieure
Tant que ces niveaux ne sont pas touchés,
le mental peut comprendre…
mais le corps continue.
C’est là que naît ce décalage si fréquent :
« Je sais que tout va bien… mais je ne me sens pas en sécurité. »
Une autre logique : rééduquer le système nerveux
Sortir de ce type d’anxiété ne consiste pas à supprimer le contrôle brutalement.
Il s’agit de réapprendre la sécurité.
Progressivement.
Concrètement, cela passe par :
• ralentir la respiration (surtout l’expiration)
• restaurer des signaux corporels de sécurité
• travailler l’ancrage
• développer l’interoception
• repérer les micro-déclencheurs
• installer des pauses réelles
• revisiter les croyances profondes de responsabilité excessive
• apprendre à demander sans s’effondrer
• se donner le droit de ne pas tout porter
Ces interventions ne sont pas des recettes rapides.
Elles visent une reconfiguration durable.
Ce que l’accompagnement thérapeutique peut changer
Un accompagnement sérieux ne se contente pas d’encourager au lâcher-prise.
Il aide à :
• comprendre son propre profil anxieux
• identifier les automatismes invisibles
• stabiliser le système nerveux
• restaurer une relation plus douce au corps
• transformer les scénarios internes
• désamorcer la honte
• sortir de la performance émotionnelle
Ce travail est souvent vécu comme une révélation :
« Ce n’est pas que je suis trop tendue.
C’est que j’ai appris à survivre ainsi. »
La vraie question n’est pas : “comment me détendre ?”
La vraie question devient :
Comment mon corps peut-il enfin se sentir suffisamment en sécurité pour lâcher ?
Quand cette sécurité revient,
la détente n’est plus un effort.
Elle devient une conséquence.
Et vous ?
Dans votre pratique, votre entourage ou votre propre expérience,
avez-vous déjà observé cette limite des simples conseils face à une anxiété profondément installée ?
Dr Jean-Victor Belmère
Je vous accompagne pour vous retrouver et vous apaiser
Hypnothérapeute exclusif
Coaching médical spécialisé
CIHM – Approche Corps–Conscience élargie
Docteur en Médecine,
Docteur en Biologie humaine,
Neuro-Psychiatre, spécialiste Neurosciences
(Maitre de conférences agrégé en neurophysiologie)
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